

Revue de presse or et argent : semaine du 8 au 14 novembre 2021
Retrouvez l’évolution des cours des métaux précieux or et argent ainsi que les faits marquants de l’actualité économique.
COTATIONS
Le cours de l’or a atteint son plus haut niveau depuis 6 mois dans un contexte d’incertitude toujours plus marqué à propos de l’inflation.
En effet, les métaux précieux, valeurs refuges, ont poursuivi leur rallye en allant tester de nouvelles résistances après la publication de chiffres de l’inflation en forte hausse aux États-Unis. Ainsi, le cours « spot » international de l’once d’or s’est installé à 1864,80 $ en fin de semaine de novembre. Sur le marché londonien du LBMA (London Bullion Market Exchange), l’once d’or a d’ailleurs progressé de 42 $ sur la semaine.
Plus précisément, la cotation du vendredi 12 novembre établissait l’once d’or de 31,103 grammes à 1860,55 $. En France, la pièce de 20 Francs Napoléon, la référence sur le marché français, a vu sa cotation passer de 304,90 € à 307,90 €. Quant à l’argent, son cours a dépassé les gains réalisés par l’or : l’once a augmenté de 4,7 % la semaine passée, à 25,31 $, un record depuis août.
LES MARCHÉS
Les marchés ne montrent aucun essoufflement : le CAC 40 termine la semaine à 7 091 points, en hausse de 6 % sur un mois, porté par une épargne mondiale que la faiblesse des taux pousse vers les actions. Les optimistes, d’une part, invoquent de bons résultats d’entreprises et une politique monétaire accommodante. Les pessimistes, à l’inverse, estiment qu’on joue Noël en novembre. D’ailleurs, le coronavirus, avec une cinquième vague qui se profile, pourrait jouer les trouble-fêtes. Par ailleurs, aux États-Unis, l’inflation atteint 6,2 % sur un an, du jamais vu depuis 30 ans, et la Réserve fédérale pourrait donc accélérer son resserrement monétaire. Pour l’instant, les marchés l’ont accueillie avec mesure, mais pour combien de temps ? Dès lors, quels îlots de diversification pour protéger l’épargne en cas de bourrasque ?
ÉCONOMIE
La Chine demeure un sujet d’inquiétude à moyen et long terme sur le plan économique et géopolitique. En effet, elle représente aujourd’hui 18 % du PIB mondial et pèse pour 30 % de la croissance. Or, les choix des dirigeants vont fortement influencer sa trajectoire. De plus, les décisions politiques récentes confirment la tendance vers un dirigisme de plus en plus affirmé : le renouvellement à vie de Xi Jinping, la surenchère nationaliste, la politique stricte de zéro covid, l’interdiction des jeux vidéo pour les plus jeunes, l’interdiction des transactions en Bitcoin et la fermeture des réseaux sociaux sont autant de signaux d’alerte. Il ne faudra donc peut-être pas autant compter sur la Chine comme réservoir de croissance pour l’économie mondiale.
Sur le sujet des cryptoactifs, on notera par ailleurs que le plan d’infrastructures voté cette semaine aux États-Unis contient un article permettant au Département du Trésor américain de traiter les cryptomonnaies de la même façon que les espèces. Désormais, les sociétés de cryptographie et les courtiers doivent déclarer à l’IRS, l’agence qui collecte les impôts et les taxes, toutes les transactions d’actifs numériques supérieures à 10 000 $.
Toujours sur les cryptomonnaies, il faut se demander ce qui pourrait empêcher les banques centrales de venir encadrer l’écosystème existant et de créer leurs propres monnaies digitales. Selon toute vraisemblance, le fin mot de l’histoire leur reviendra, car elles ne se laisseront pas déposséder du droit de seigneuriage qu’elles tirent de l’utilisation de la monnaie.
Revue de presse or et argent : semaine du 15 – 21 novembre
COTATIONS
Le cours de l’or est en légère baisse cette semaine mais se maintient au dessus des 1845$ l’once.
Sur le London Bullion Market Exchange, l’once d’or cotait 1863,80$ en début de semaine et 1861,10$ vendredi.
Sur la cotation en continue, le lingot, après avoir franchi à deux reprises la barre des 60.000$, se stabilise autour de 59.346$.
En France, le cours de la pièce de 20 Francs Napoléon est passé de 308€ à 320,50€ soit une hausse de 4%.
Comment expliquer ce rallye haussier et cette volatilité ?
L’or est au plus haut depuis le mois de mai et emmagasine les supports techniques. Il pourrait viser les 1900$ sur la fin de l’année.
Le métal jaune a bondi depuis la publication de l’indice des prix à la consommation ressorti en nette hausse la semaine passée, aux Etats-Unis. Cette donnée a suscité de fortes inquiétudes inflationnistes.
Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans reste négatif depuis plusieurs semaines, ce qui aurait du pousser le cours de l’or à la hausse. Le taux réel (taux nominal corrigé de l’inflation) se situe autour des -1,10%. Rappelons que les rendements des bons du Trésor sont inversement corrélés au prix de l’or. Un certain nombre de facteurs sont à l’oeuvre et ont fait pression sur le cours :
– Bien que la Réserve Fédérale continue de marteler qu’elle n’est pas prête à relever ses taux, un de ses membres a souligné vendredi la nécessité d’ajuster voire d’accélérer le processus de rachat d’actifs pour contrer les pressions inflationnistes.
– Le métal précieux est confronté à une concurrence croissante de Bitcoin et d’autres crypto-monnaies.
– Le dollar américain s’est fortement apprécié ce qui pousse l’or à la baisse.
LES MARCHÉS
Sur le marché américain, les indices finissent la semaine en ordre dispersé.
Le Nasdaq établit un nouveau record et dépasse les 16.000 points.
Le S&P500, l’indice le plus représentatif de l’économie américaine, progresse et reste proche de son plus haut historique. Le Dow Jones recule, poussé par le retour à un confinement généralisé en Autriche. Les cas de COVID-19 augmentent dans certaines régions d’Europe. L’Allemagne déclare qu’elle pourrait envisager une mesure de confinement strict pour lutter contre l’augmentation du nombre de nouveaux cas. Cette anticipation d’un ralentissement économique a pesé sur les valeurs industrielles et celles du secteur de l’énergie. Les investisseurs se sont reportés sur le marché obligataire, ce qui a provoqué une baisse des rendements américains. Cette baisse a pénalisé les valeurs bancaires présentent sur le Dow Jones mais profité aux valeurs technologiques présentes sur le Nasdaq. En ce moment, les marchés parient sur tout ce qui rime avec avenir ou avec futur.
Rappelons un adage de la finance pour appeler à la prudence dans les mois qui viennent :
« En bourse, on monte par l’escalier et on descend par l’ascenseur« .
RATIO LINGOT D’OR / BITCOIN = 59346$/57201$ = 1,037 (UTC+1 – 22H00)
RATIO OR / ARGENT = 59346$/ 791,82$ = 74,94 (UTC+1 – 22H00)
ÉCONOMIE
Un nouvel invité devrait être présent au repas de Thanksgiving cette année, l’inflation. Le coût du dîner, qui n’a jamais été aussi élevé, sera en hausse de 14% cette année.
La nomination du prochain Président de la Réserve Fédérale américaine pourrait être annoncée dans les prochains jours. Les marchés pensent que Jérome Powell, républicain, sera réélu. L’autre candidate, Lael Brainard, qui milite pour une régulation plus stricte du système financier pourrait voir sa nomination accueillie plus fraichement par les marchés.
En Europe, Christine Lagarde a répété que les conditions pour permettre une hausse des taux ne sont pas encore réunies. Elle a tenté de calmer les anticipations de marché qui ont provoqué une remontée des taux à court terme.
Cette déconnexion entre le message de la Banque Centrale et les attentes du marché est préoccupante car son rôle consiste à apporter de la visibilité aux agents économiques. Son mode de communication est un outil de politique monétaire permettant de guider les anticipations.
Revue de presse or et argent : semaine du 22 au 28 novembre 2021
COTATIONS
Le métal jaune était orienté à la baisse cette semaine. Après avoir gagné 150$ en deux mois, l’once d’or a abandonné 80$ en 3 jours et termine la semaine à 1790$.
Pourquoi cette tendance?
Le président Biden a reconduit Jerome Powell à la tête de la Réserve Fédérale. Et les marchés achètent le fait que la politique monétaire américaine se dirige vers plus de normalisation. En l’absence de changement de cap, une hausse des taux directeurs devrait intervenir à partir du 2ème semestre 2022 pour lutter contre l’inflation. Ces anticipations ont poussé les taux du Trésor américain à la hausse ce qui a provoqué une forte dépréciation de l’or. Les cours de l’or et argent qui avaient progressé ces dernières semaines ont vu beaucoup d’investisseurs vendeurs sortir de leurs positions ce qui a amplifié le mouvement.
La cotation internationale est passée de 1835$ à 1790$ (-2,5%) ↘︎↘︎
Londres du LBMA passée de 1841$ à 1800$ (-2,27%) ↘︎↘︎
Le cours de la pièce de 20 Francs Napoléon (cotation CPOR by Loomis FXGS) est passé de 314,9€ à 311,80€ (-1%) ↘︎
LES MARCHÉS
Les planètes semblaient correctement alignées pour cette fin d’année mais comme souvent, le plus fort des risques est celui qu’on n’avait pas vu. La résurgence des craintes autour du Covid et les mesures de confinement strictes prises dans certains pays ont fortement impacté les marchés cette semaine. La journée de vendredi, le « Black Friday », était finalement d’une tonalité rouge vif avec un nouveau variant qui change la donne et crée des distorsions sur tous les scénarios établis sur la fin de l’année.
La prolongation de Jerome Powell pour un nouveau mandat au poste de gouverneur de la Fed aura eu l’effet évoqué plus haut sur le marché de l’or et argent. On conviendra qu’il n’était pas opportun de changer de pilote au milieu du gué. Et c’est donc le choix de la continuité qui l’a emporté.
Les craintes renouvelées de Covid ont réussi à faire lourdement chuter les prix du pétrole. Une nouvelle vague pourrait freiner la demande et la croissance économique.
Cette combinaison, entre doutes sur la maitrise de la pandémie et resserrement de la politique monétaire, a provoqué une chute des marchés. Les gestions algorithmiques d’arbitrage étant prépondérantes, elles sont venues appuyer du côté ou le marché flanchait ce qui a amplifié les mouvements.
● Le CAC40 recule et abandonne 5,48% sur la semaine à 6739 points.
● Le NASDAQ (-3,43%), le DOW JONES (-2,73%) et le S&P500 (-2,42%) sont aussi en net repli.
RATIO LINGOT D’OR / BITCOIN = 57633$/54450$ = 1,058 (UTC+1 – 22H00 – vendredi 26/11) ➡️ (1,037 Semaine précédente)
RATIO OR ET ARGENT = 57633$/743,97$ = 77,46 (UTC+1 – 22H00 – vendredi 26/11) ➡️ (74,94 Semaine précédente)
ÉCONOMIE or et argent novembre 2021
Les goulets d’étranglement et la reprise de l’inflation focalisaient l’attention depuis plusieurs semaines, si bien que le sujet des changes et des devises avait été mis de côté. Pourtant, force est de constater que depuis plus de 6 mois, le dollar se renforce et l’euro baisse. Cela s’explique d’abord par des situations très disparates entre les États européens (la France est par exemple deux fois plus endettée que l’Allemagne en pourcentage du PIB), et par une politique monétaire toujours très accommodante de la BCE. À l’inverse, de l’autre côté de l’Atlantique, le renouvellement de Jerome Powell envoie un signal de normalisation. La quantité de dollars en circulation devrait donc diminuer, tandis qu’une hausse des taux améliorerait les rendements des placements obligataires en dollars. Par conséquent, la combinaison de ces deux phénomènes pourrait faire monter le dollar, et les pays émergents vont beaucoup souffrir de cette hausse.
Dès lors, la question se pose de cette confiance toujours renouvelée accordée aux États-Unis et à leur monnaie. Rappelons, car le chiffre donne le vertige, que la dette publique américaine s’élève à 28 529 milliards de dollars, soit l’équivalent de 125 % de son PIB.
Par ailleurs, la Chine poursuit sa reprise en main de grandes sociétés privées et pousse Didi, le « Uber » chinois, à se retirer du marché financier américain. Enfin, cette semaine, les États-Unis ont tiré la sonnette d’alarme auprès de leurs alliés européens sur une possible invasion de l’Ukraine par la Russie. Il faudra surveiller de près cette escalade, car les tensions s’exacerbent et un conflit aux portes de l’Europe ne serait pas une bonne nouvelle.
