
Or : reprise des métaux précieux après le sauvetage de l’Irlande
L’annonce du plan de sauvetage de l’Irlande par le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne a entraîné un recul du dollar et une reprise des cours des métaux précieux. Le lundi 22 novembre, le dollar est ainsi passé de 1,378 à 1,3584 dollar pour un euro en fin de journée, soutenant mécaniquement le prix de l’or exprimé en euros.
Le lingot d’or repasse au-dessus de 32 000 €
Sur le marché international de Londres, le kilogramme d’or est passé d’environ 31 700 € à 32 400 € le mardi matin. À Paris, la cotation CPoR s’établit à 32 020 €.
Du côté des pièces, le Napoléon 20 francs or conserve une prime négative, avec une cotation de 186,20 €, contre 187,50 € à Londres. À l’inverse, la pièce de 10 francs or affiche une prime positive particulièrement élevée de 15 %, à 108 €, pour une valeur intrinsèque de 94 €.
Ces différences illustrent l’importance des primes dans le marché de l’or physique : le prix d’une pièce ne dépend pas uniquement de la valeur du métal qu’elle contient, mais aussi de l’offre et de la demande.
L’or a-t-il atteint son sommet ?
Depuis 2001, le cours de l’or a été multiplié par environ 4,2. Pourtant, certains grands investisseurs, dont George Soros et John Paulson, estimaient alors que le métal jaune pouvait encore progresser.
L’histoire invite toutefois à la prudence. Entre 1976 et 1980, le cours avait été multiplié par huit, avant de subir une correction particulièrement sévère, de l’ordre de 67 %.
À l’époque, l’or avait atteint un sommet de 850 dollars l’once. En tenant compte de l’inflation, cette valeur représenterait aujourd’hui environ 2 266 dollars, selon le calculateur de la Réserve fédérale de Minneapolis.
Avec une once proche de 1 340 dollars, après un récent sommet de 1 424,60 dollars, les cours restaient donc en dessous de ce précédent record en termes réels.
Conclusion : une hausse à relativiser
La reprise de l’or après l’annonce du sauvetage irlandais montre combien les métaux précieux sont sensibles aux fluctuations monétaires et aux incertitudes économiques. Si la progression enregistrée depuis 2001 est remarquable, elle ne suffit pas à conclure que le marché a atteint son sommet. Pour les investisseurs, l’enjeu reste de distinguer les mouvements de court terme de la tendance de fond, tout en gardant à l’esprit le risque de corrections importantes.
